Olivier Goy à San Francisco : transformer l’urgence en espoir
Lors de son récent passage à San Francisco, Olivier Goy a rappelé, avec une force rare, que même lorsque le temps devient la ressource la plus précieuse, il est encore possible d’agir, de fédérer et de changer les choses.
Diagnostiqué de la maladie de Charcot (SLA) en 2020, Olivier Goy ne peut aujourd’hui plus parler ni se déplacer sans assistance. Pourtant, rien dans son attitude ne laisse place à la résignation. Ancien fondateur de 123 Investment Managers puis de la plateforme October, il continue de porter un projet ambitieux : accélérer la recherche sur les maladies neurodégénératives grâce à l’innovation, à la mobilisation citoyenne et aux nouvelles technologies.
De passage à San Francisco récemment, il est venu défendre cette vision à travers Invincible Hope, une initiative qui rassemble chercheurs, entrepreneurs, philanthropes et acteurs de la tech autour d’un même objectif : faire gagner du temps à la recherche. Son séjour l’a conduit à rencontrer les équipes de Meta, Google DeepMind, Neuralink, Stanford ou encore Plug and Play, multipliant les échanges entre l’écosystème français de la recherche et les leaders américains de l’innovation.
L’intelligence artificielle au service de la recherche médicale
Au cœur de cette mobilisation se trouve l’Institut du Cerveau et sa branche américaine, Paris Brain Institute America. Une nouvelle collaboration avec Mount Sinai à New York a notamment été mise en avant. L’ambition est considérable : constituer une cohorte de 100 000 patients afin d’exploiter l’intelligence artificielle pour analyser des volumes de données médicales jusque-là impossibles à traiter à grande échelle.
Pour Olivier Goy, l’IA représente un accélérateur sans précédent. « Nous avons les données. Nous n’avions pas les yeux pour les lire », résume-t-il. Selon lui, des avancées qui nécessitaient autrefois plusieurs décennies pourraient demain être réalisées en quelques années seulement.
La technologie joue également un rôle intime dans son quotidien. Grâce à un système d’intelligence artificielle capable de recréer sa voix à partir d’anciens enregistrements, il continue à s’exprimer et à partager son message. « L’intelligence artificielle n’a pas inventé ma voix, elle me l’a rendue », explique-t-il.
La fragilité comme force de mobilisation
Mais ce qui impressionne le plus reste sans doute sa capacité à rassembler. À travers La Fresque Généreuse, un projet artistique composé de milliers de portraits destinés à financer la recherche neurologique, il transforme la solidarité en mouvement collectif.
Tout au long de son intervention, une idée est revenue comme un fil conducteur : la fragilité n’est pas l’opposé de la force. « La force construit des entreprises. La fragilité construit des mouvements. » Dans une Silicon Valley souvent tournée vers la performance et la vitesse, cette conviction résonne avec une puissance particulière.
Olivier Goy ne se présente ni comme une victime ni comme un héros. Il apparaît simplement comme un homme qui a décidé de consacrer le temps qu’il lui reste à quelque chose de plus grand que lui. Et c’est précisément ce qui rend son combat si inspirant. Parce qu’au-delà de la recherche médicale, il rappelle une vérité essentielle : l’espoir n’est pas un sentiment. C’est un projet collectif.





