Le Cap-Vert, archipel situé au large de l’Afrique de l’Ouest, s’apprête à vivre la première Coupe du Monde de son histoire. C’est aujourd’hui, à 18h, face à l’Espagne.

Après le Curaçao, place à un autre petit nouveau de cette Coupe du Monde 2026, qui entre en lice dans la compétition aujourd’hui (18h). Le format historique de celle-ci, rassemblant plus de 48 équipes permet, forcément, à davantage de sélections de pousser les portes de la plus grande compétition internationale.

Fondée en 1979, soit quatre ans après son indépendance obtenue vis-à-vis du Portugal, la sélection du Cap-Vert, actuel 69ème mondial au classement FIFA, a rapidement grimpé les échelons jusqu’à se hisser comme bien plus qu’un simple candidat émergent sur le continent africain. Opposé en fin d’après-midi à l’Espagne, grande favorite au titre final, le Cap-Vert entend d’abord vivre ce Mondial comme une grande première historique du pays.

Et cette présence sur le continent américain a été rendue possible par un premier grand exploit réalisé lors des qualifications.

“C’est un tournant dans l’histoire des Requins Bleus”

Engagé dans une poule de qualifications assez homogène, où le grand favori était le Cameroun, le Cap-Vert, décomplexé et porté par son capitaine, joueur le plus capé et meilleur buteur de l’histoire de la sélection Ryan Mendes (36 ans), a réalisé une prouesse spectaculaire dans sa course au Mondial 2026.

À l’Estadio Nacional de Cabo Verde, les Capverdiens recevaient, le 9 septembre dernier, le Cameroun. Les Requins Bleus surfent sur une série impressionnante de trois succès de rang (1-0 Maurice, 1-2 Angola, 0-2 Maurice, leader de la poule) dans ces qualifications, et entendent alors piéger des Lions Indomptables plongés dans le doute, et non-rassurés par les compétitions continentales et internationales récentes.

Dans une enceinte touchée par des conditions météorologiques loin d’être évidentes (pluie et vent) et paralysés, peut-être aussi, par la pression et la tension électrisante de cette “finale du Groupe D“, les Camerounais ont flanché en seconde période sur un joli numéro de Dailon Livramento joueur du Casa Pia, clinique face à André Onana. Ce seul et unique but de la partie offrait alors trois nouveaux points précieux aux Capverdiens, de plus en plus proches du rêve absolu.

Au coup de sifflet final, les supporters ont envahi le terrain et la sélection n’était alors plus qu’à une petite victoire (sur deux matchs restants) de s’offrir son ticket pour la Coupe du Monde 2026. Tenue en échec au Libye (3-3), celle-ci n’a fait que repousser son rêve de quelques jours, en finissant par s’imposer face à Eswatini (3-0), synonyme de qualification directe pour la plus grande des compétitions.

À la télévision, les commentateurs exultent et comprennent l’engouement d’un tel accomplissement. “C’est un tournant dans l’histoire des Requins Bleus“, affirmera l’un d’eux. Même son de cloche dans les rues de l’archipel, où tout le monde se prépare depuis des mois à vivre un tel événement. Au micro de France 24, Carlos Pedro Silva Morais, ancien joueur de l’équipe nationale et patron de bar, lance : “On va décorer notre bar avec des mascottes de requins bleus, on va accrocher des drapeaux, des maillots, tout… On est aussi en train de voir avec la Fédération pour vendre des maillots ici, pour aider, car c’est notre rôle de Capverdien.”

L’inspiration et l’héritage laissés par cette sélection capverdienne est déjà remarquable au sein d’une société gangrénée, dans certaines zones, par les gangs et la criminalité. Ici et là-bas, le football devient une lueur d’espoir pour certains enfants, qui alimentent le rêve de faire vibrer, un jour, tout un peuple sur le rectangle vert.

La plus grande sélection du monde pour débuter…

Ce grand chapitre de l’histoire de la sélection commence fort. Ce lundi (18h), les Requins Bleus affrontent l’Espagne de Lamine Yamal, à Atlanta. Hors de question, malgré l’écart de niveau sur le papier, de parler d’une rencontre facile pour Luis de la Fuente, sélectionneur espagnol. Le quotidien espagnol Mundo Deportivo explique, par exemple, que “l’Espagne est méfiante vis-à-vis du Cap-Vert, mais aussi des autres rivaux“.

Le Curaçao, dont cette Coupe du Monde constitue également une première pour l’archipel, a déjà créé la sensation face à l’Allemagne, hier, en inscrivant un but, malgré la lourde défaite finale (7-1). Et si le Cap-Vert, porté par l’espoir de tout un peuple, parvenait à déjouer les pronostics et créer la première grande sensation de ce Mondial ?

Le football a déjà prouvé que les exploits n’étaient jamais bien loin. La rencontre sera à suivre à 18h, sur la chaîne beIn Sports et M6.

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