À Antibes, 102 jeunes en situation de handicap se sont retrouvés les 25 et 26 septembre pour la quatrième édition de l’IBSA Regatta, une régate internationale unique en son genre. Au-delà de la compétition, l’événement a célébré l’inclusion, le partage et la liberté, rappelant que la voile est un sport accessible à tous. Parrain de cette édition, le jeune skipper Nathan Mesiano a également porté, par sa présence, un message d’espoir et de détermination.

Quoi de mieux que de voir, au large de la Mer Méditerranée, cette centaine d’enfants, aux visages ébahis, emplis de joie et d’excitation, sous les yeux des proches, souvent les parents, restés sur la plage en tentant, tant bien que mal, de reconnaître les petits marins dans chaque Hansa-303 (le nom des bateaux utilisés) coloré, où le sentiment de fierté se mélange à celui du devoir accompli pour son enfant. Voilà ce qu’a pu offrir, pour faire simple, la quatrième édition de l’IBSA Regatta, cette première et unique régate internationale pour enfants handicapés, de 12 à 17 ans, à Antibes, sur la Côte d’Azur.

Les 25 et 26 septembre derniers, pas moins de 102 enfants, de diverses provenances (Angleterre, Italie, Belgique, Allemagne ou encore Monaco), ont répondu présent au sein de l’école de voile de la société des régates d’Antibes pour un nouvel épisode qui a explosé tous les records depuis sa création. Forcément, l’enjeu était de taille. Pourtant, la météo a posé quelques bûches sur la route le vendredi, rendant impossible, par les forts vents en mer, la tenue des premières épreuves compétitives.

Pas de place à l’ennui, toutefois, puisque l’ensemble des éducateurs présents et grandement mobilisés tout au fil de la compétition, ont organisé des ateliers autour de plusieurs thèmes : de la théorie, de l’éducation à la voile, et même, une sensibilisation, par la pratique, au handicap. Par duo, les enfants se sont mis à tour de rôle dans la peau d’une personne en fauteuil roulant, ou malvoyante. “Cela permet aux enfants de découvrir d’autres formes de handicap, en plus du leur, commence Anne Millet, co-organisatrice de l’évènement. Cela permet d’avoir une visibilité globale du handicap aussi pour les adultes“.

“Le sport le plus inclusif qui existe”

Pour Anne, il ne fait pas de doute. La voile est “le sport le plus inclusif qui existe. N’importe quel individu, peut importe son handicap, peut naviguer avec un valide. Par exemple, une jeune fille, Lou, qui est dans une coque, ne peut pas tenir la barre ou un boot. Elle est donc à côté d’un valide (les duos de la régate peuvent être 100% handi ou handi-valide, ndlr) et elle peut faire de la voile, c’est extraordinaire pour elle. La voile est aussi un sport d’une incroyable liberté. On peut aller où on veut en mer, il n’y a pas de mur qui nous arrête, il y a un vaste espace de jeu. C’est assez unique“.

Même son de cloche du côté de Jérémie Chauchoy, Handivoile Développement France. “Sur nos bateaux, on accueille tous les types de handicap, qu’ils soient psychiques, moteurs, intellectuels. C’est notre grosse force. L’IBSA Regatta est un rassemblement dédié aux jeunes. Mondialement, c’est la seule référence que l’on connaît. L’objectif est de faire vivre un moment exceptionnel à ces jeunes sur ces deux jours, leur faire vivre une interaction sociale, ce qui est parfois compliqué. Il y a un mélange de tous les handicaps, avec des valides qui peuvent les accompagner, qui occupent un rôle d’aidant très jeune. Après cela, ils auront sans doute un regard différent sur le handicap, car on les aura immiscé très tôt“.

Autre point vital, démontrant des bonnes valeurs prônées par l’évènement, les accompagnateurs ont totalement été pris en charge pour ce voyage, grâce au partenariat avec IBSA France, la filiale française du groupe pharmaceutique suisse IBSA, qui prête son nom à la régate. “C’est une volonté du groupe globalement, qui fait beaucoup pour l’inclusion et qui a énormément d’initiatives. Lorsque l’on a imaginés cette régate pour des enfants de 12 à 17 ans, on savait qu’ils ne pouvaient pas venir tout seuls, a expliqué Fabrice Jover, directeur général d’IBSA France. On ne pouvait pas se permettre de ne pas prendre en charge l’ensemble des parents et accompagnateurs. Cela s’inscrit dans un esprit familial, comme l’une des grandes valeurs du groupe IBSA. Avec beaucoup de volonté, nous sommes parvenus à faire en sorte que les choses se passent très bien à la fois pour les enfants et les parents“.

Comme une évidence, la régate est représentée depuis sa création par Nathan Mesiano, ce jeune skipper originaire de Beaulieu-sur-Mer, non loin d’Antibes, amputé du bras droit et proche de participer à la Mini-Transat 2027, une traversée de l’Atlantique en solitaire. “Nathan, c’est une rencontre, a poursuivi Fabrice Jover. Quand on a quelqu’un avec une telle détermination, une telle modestie, bien-sûr qu’on a envie de l’accompagner. Lorsqu’il me parle de la Mini-Transat, au départ, je me suis dit que c’était fou. Après avoir discuté avec sa maman, nous nous sommes dits qu’il était naturellement important de le sponsoriser, l’aider pour avoir les outils les plus sécuritaires“.

“Le but, par mon rôle de parrain c’est aussi de faire passer un message par mon projet. Montrer à tous ces enfants que le handicap n’est pas un frein, que l’on peut faire de grandes choses dans le monde du sport ou dans la vie en général. Cela donne tout plein d’espoir. Hier, un enfant m’a dit ‘Nathan, tu me fais rêver par ce que tu fais’, c’est génial d’entendre ça” a précisé, de son côté, Nathan Mesiano.

Cette quatrième année a donc été marquée par un succès tout particulier, qui promet, encore, pour la suite et renforce l’idée que le sport, convient et existe pour tout le monde.

Alexis Navarro

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