Après six courses en mer disputées depuis mars, le jeune skipper Nathan Mesiano, amputé de son bras droit après un grave accident il y a quatre ans, a bouclé le parcours qualificatif pour la Mini-Transat 2027.
Après des semaines de course en mer et un ultime parcours qualificatif long de douze jours à bord de son bateau Eos, Nathan Mesiano est arrivé, vendredi 18 septembre, au port de Beaulieu-sur-Mer, sa ville natale dont il fait la fierté depuis plusieurs mois. Pour cause : la résilience exemplaire de ce jeune homme, qui s’est fixé il y a plusieurs mois de cela, l’objectif de disputer la prochaine Mini-Transat, cette traversée de l’Atlantique qui se déroulera en septembre 2027, au départ de La Rochelle pour une arrivée prévue au Brésil. Et ce, malgré son handicap physique, cette perte de son bras droit, causée par un terrible accident vécu il y a quatre ans, lorsque le jeune berlugan n’avait encore que 15 ans.
Aujourd’hui, motivé par un soutien hors-pair porté, notamment, par son mécène Benjamin Mondou, président du groupe Century 21 Lafage, Nathan Mesiano ne semble plus s’accorder aucune limite en mer. Il achève désormais après ces derniers mois de compétition, une nouvelle étape cruciale de son parcours, et son retour définitif sur la terre ferme a été un moment d’émotion intense, où de nombreux soutiens – dont sa mère et son petit frère en première ligne – étaient présents et n’attendaient que d’apercevoir le bateau Eos et son fier capitaine entrer dans le port.
“Soulagé de retrouver mes proches“
Pour Nathan, bien que l’esprit eût clairement été tourné, ces dernières semaines, sur ces escapades qualificatives en mer, le retour à cette vie normale, dans sa ville natale, sonnait comme un immense soulagement qui commençait quelque peu à lui tarder. “Je suis soulagé d’avoir mis un pied sur terre, oui, mais surtout soulagé de retrouver mes proches. Cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus, parce que je sors d’un parcours de douze jours en mer, mais avant cela, j’étais sur une course en Espagne. Donc depuis plus d’un mois je ne suis pas rentré à la maison, a confié le Berlugan. Soulagé, aussi, de revoir ma ville, Beaulieu-sur-Mer, que je n’ai pas beaucoup vue cette année car j’étais très souvent en déplacement. Enfin, soulagé d’avoir achevé cette qualification qui a été dure, intense depuis plusieurs mois, où je n’ai pas eu le temps de trop m’arrêter. Puis évidemment content de voir tout ce monde présent pour mon arrivée, cela fait chaud au cœur“.
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De cette expérience des plus louables, Nathan en tire une réelle leçon de vie au-delà du simple cadre sportif. “Ces dernières courses m’ont permis de me rendre compte que le cœur humain était capable de choses que je ne pensais pas. Je me suis retrouvé sur des épreuves où je dormais 10 heures en 5 jours et j’arrivais à faire des manœuvres dont je ne me pensais même pas capable en début de saison, en dormant 10 heures par nuit. Tout cela m’a donné confiance en moi, en ce que je faisais“.
Car tout n’a pas été long fleuve tranquille, vous l’imaginez bien, dans ces traversées souvent difficiles à gérer avec une tonne de paramètres à systématiquement étudier, ne laissant que très peu de place au repos et la tranquillité. Rajoutant, voir aggravant, le sentiment de solitude, de lassitude parfois, de colère et de crainte. Des courses tout simplement plus éprouvantes que d’autres peuvent aussi tout faire basculer, provoquer des remises en question énormes et mettre en difficulté un moral déjà à fleur de peau. “La course Solo Med (qui s’est disputée le 15 juillet 2026, ndlr) a sans aucun doute été la plus dur que j’ai faite. Elle a duré quasiment 7 jours, et faisait le tour des Baléares en Espagne. Le vent était hyper irrégulier, c’était très dur à gérer. Dès qu’on dormait 20 minutes, le bateau pouvait complètement tourner, alors on se retrouvait les voiles dans l’eau, à l’envers. Donc c’était des manœuvres constantes, très peu de sommeil, les nerfs ont été mis à rude épreuve. J’ai craqué plus d’une fois durant cette course. Il y a un moment où, à 3h du matin, j’avais encore plein de problèmes de voile. Donc je me suis tout simplement effondré dans le bateau et pendant une heure j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Car c’était tellement dur. Je me disais : “Je vais jamais y arriver, je passerai jamais la ligne d’arrivée”, mais au final, cette course m’a appris qu’il fallait prendre les choses comme elles viennent, apprendre à réajuster sa façon de manœuvrer.. Puis, pour se remettre sur pied, on se dit qu’on n’a pas le choix, sinon on n’arrive jamais sur terre. Et on a vraiment envie d’y arriver vite quand on est dans ces difficultés. Après, au fond, tu te dis que ce que tu vis est génial et unique“.
Dans l’attente des inscriptions en janvier 2027
Âgé aujourd’hui de 19 ans – il fêtera ses 20 ans le 2 octobre prochain – Nathan Mesiano peut s’offrir à présent un long repos mérité, entouré des siens, au chaud, avec des “bons burgers” comme il l’a harangué lors de ses prises de parole. Loin, pour quelques temps seulement, des 2m² d’espace pour vivre à bord de son bateau Eos, cette première fierté, d’ailleurs, qu’il avait présenté en janvier dernier en ce même lieu, avec beaucoup d’attente et de joie.
Car désormais, le skipper doit attendre janvier 2027 pour l’étape des inscriptions à cette épreuve transatlantique. Des conditions sont encore nécessaires rendre un peu plus réel encore ce rêve, bien qu’il ait validé la qualification dite “sportive”. Financièrement parlant, par exemple, Nathan Mesiano a encore besoin de soutien. Car le dossard attribué, les rénovations sur le bateau et l’ensemble des préparatifs à mener en vue de cette course, représentent un certain coût à prendre en compte pour espérer disputer cette Mini-Transat 2027. C’est en ce sens, aussi, que la famille de Nathan se réjouit de voir tant de soutiens être présent autour de lui depuis le début de ce projet, des élus locaux – les maires de Villefranche/Mer, Beaulieu/Mer et Eze étaient notamment présents vendredi pour réaffirmer leur soutien infaillible au skipper – à son mécène, Benjamin Mondou, qui occupe une place centrale dans la tenue de ce projet.
Une cagnotte en ligne est d’ailleurs toujours disponible pour quiconque souhaiterait, à son échelle, aider Nathan Mesiano dans la quête d’un rêve qu’il cultive depuis petit.
Alexis Navarro





