Passé de 120 kilos à champion du monde amateur Ironman en seulement quelques années, Alexandre Caille a transformé une séance de cross-fit en véritable renaissance sportive. Entre discipline, résilience et goût du dépassement, le Niçois de 31 ans poursuit désormais un objectif aussi ambitieux que symbolique : remporter tous les Ironman disputés en France.

Un symbole d’inspiration, de résilience et d’espoir. Le triathlète amateur Alexandre Caille a tout du champion. La performance, l’accomplissement mais aussi… l’histoire. Car si les lignes de ses exploits commencent à s’empiler, tout a démarré il y a seulement 6 ans lorsque, en situation d’obésité (120 kilos pour 1m70), il décide de répondre à l’invitation de son meilleur ami pour une session de cross-fit. “Je lui répète d’abord que je ne suis pas capable de faire du sport. Pour lui faire plaisir, je me dis : « allez, je vais faire une séance et puis voilà… », confie le triathlète de 31 ans, qui a fait de Nice sa nouvelle maison depuis janvier. Finalement, je me suis vraiment senti bien. Il y avait une belle atmosphère dans cette salle. Dans le cross-fit il n’y a vraiment pas de jugement, même si, quoiqu’il en soit, je vivais très bien en situation d’obésité. Quand je suis ressorti, je me suis dit que j’allais commencer un régime et faire du sport tous les jours“.

S’ensuit alors un processus de transformation radicale qui le fera perdre plus de 40 kilos en 3 mois. Le symbole d’une façon toujours excessive de voir les choses, ce qui peut avoir “ses bons côtés comme ses mauvais“, glisse-t-il. “Quand j’ai suivi mon régime, j’ai fait les choses un peu drastiquement. Mais je suis persuadé que c’est la tendance à adopter pour rester sur une dynamique positive“. Une formule particulière ? “Riz, poisson, légumes, pendant trois mois, et une heure de cross-fit par jour, rien de plus, assure Alexandre. Il n’y a pas de recette miracle, simplement beaucoup de discipline“.

Fort d’un mental hors-pair, Alexandre a joué de cette détermination pour écrire une nouvelle page de son histoire. Mais dans un contexte de pandémie mondiale, tout n’a pas été chose facile. “Lorsqu’on est confiné au mois de mars, j’ai pris conscience que c’était plus le sport que la nutrition qui m’avait changé, confie-t-il. La salle de sport a alors fermé, j’ai un peu paniqué. Du coup, je me suis beaucoup plus entraîné chez moi, en faisant régulièrement 500 burpees dans mon garage, je gardais même en tête l’idée de faire le record du monde de burpees en 5 heures *rires*“.

En touchant un peu aux trois disciplines qui constituent le triathlon, Alexandre Caille cultive alors un vif intérêt pour la discipline. Il commence par la course à pied, puis découvre le vélo, et après une blessure, se met à la natation. Quelques remarques négatives sur son niveau en nage le font revenir vers la course à pied, avant une nouvelle blessure, et les pieds une nouvelle fois tournés, et cette fois-ci pour de bon, vers le triathlon. “En 2024, je décide de faire du triathlon longue-distance. J’ai fini mon premier half-Ironman en 2024 en 4h, avant de me qualifier ici à Nice (il termine deuxième de sa catégorie d’âge, ndlr), puis de remporter mon premier titre de champion du monde pour ma première année en triathlon longue distance“. Un exploit pas des plus communs, vous l’accordez. “De l’extérieur, c’est forcément impressionnant, et ça l’est, explique-t-il. Mais tout cela, c’est le fruit d’un long travail. Je me suis positionné sur mes courses seulement lorsque je me suis senti prêt, que je sentais que je pouvais donner le meilleur de mes capacités“.

Une routine sportive cadrée lors de sa transformation

Vous l’aurez compris. Si cette transformation presque ‘express’ a porté ses fruits et mené vers les résultats d’aujourd’hui, c’est parce qu’Alexandre a suivi, tout au long de processus, une routine bien cadrée, où la détermination est resté particulièrement ancré dans son esprit. “En semaine, je me levais à 5h du matin pour faire de l’home-trainer, avant d’aller travailler à 7h. Je faisais un peu de sport entre midi et deux, je comptais mes calories… Je faisais tout bien, pour que tout cela se déroule le plus rapidement possible“. Et d’ajouter, sur l’importance des personnes qui l’ont entouré durant cette étape. “Au début, mon entourage me tirait un peu vers les excès, comme manger une côte de bœuf, ou boire un verre. Mais lorsqu’ils ont compris que le projet était sérieux, c’est là que mes amis m’ont accompagnés. Lorsqu’il y avait une soirée raclette en hiver, ils me préparaient un riz, poulet, légumes à côté“.

Objectif : remporter tous les Ironman de France

Par une abnégation et une résilience hors-pair, Alexandre poursuit ensuite son ascension jusqu’à devenir, en 2024, champion du monde amateur de l’half-Ironman (30-34 ans) en Nouvelle-Zélande. Ce qui l’encouragera, par la suite, à tenter un premier Ironman full distance. “J’ai vécu une mauvaise expérience psychologique en Nouvelle-Zélande. J’étais parti là-bas pour devenir champion du monde, mais quand j’ai passé la ligne d’arrivée, je n’avais personne avec qui le partager. Je me suis alors dit : ‘Ok, maintenant, je veux faire un Ironman en France avec l’ambition de gagner, devant ma famille’ “.

Chose dite, chose faite. Aux Sables-d’Olonne, il remporte son tout premier Ironman… pour sa première participation. Une scène qu’il raconte toujours, un an après, avec beaucoup d’émotions. “Quand j’ai passé la ligne d’arrivée, avec cette banderole, c’était magique. Ce qui est dingue, c’est qu’une fois arrivé, j’avais l’impression d’avoir déjà vu cette scène. Vraiment, c’était fou“. Se débloque alors une soif insatiable de victoire, pour cette âme de vainqueur qui envisage, à terme, de s’engager sur le circuit professionnel. “En 2026, j’ai eu le projet de participer à tous les Ironman, un peu comme une ‘Conquête de la Gaule’. Au final, celui de Nice a été annulé. Ce qui fait que j’ai gagné les deux seuls Ironman de France cette année, sur le circuit amateur (Tours, puis Vichy)“.

Pour l’Ironman 70.3 de Nice, dont l’édition masculine se déroule ce dimanche matin, Alexandre aimerait récupérer son titre de champion du monde amateur obtenu en 2024, en Nouvelle-Zélande. En gardant, sur un plus long terme, un œil avisé sur le prochain Ironman niçois qui se tiendra en 2027. L’objectif ? Remporter tous les Ironman de France. “Ce serait une première“, conclut Alexandre, d’un sourire. Les ambitions sont au plein, mais le triathlète garde la tête froide, en tenant, coûte que coûte, à respecter l’ordre progressif des choses. Et devenir de nouveau champion du monde amateur sur l’Ironman 70.3 serait une belle démonstration que tout est possible dans la vie, avec un peu d’espoir, beaucoup de travail, et une tonne de résilience et détermination.

Alexis Navarro

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