Dai Dai : Shakira reverse l’intégralité de ses droits d’auteur à l’éducation des enfants

Le 19 juillet 2026, la finale de la Coupe du Monde entre l’Espagne et l’Argentine a offert au public une première dans l’histoire du tournoi : un véritable spectacle de mi-temps, inspiré du modèle du Super Bowl. Sur la pelouse du MetLife Stadium, Shakira y a interprété Dai Dai aux côtés de Burna Boy. Derrière la démesure du plateau, une mécanique financière plus discrète : la chanteuse colombienne ne touchera pas un centime des droits d’auteur générés par ce titre. Ils partent intégralement au financement de l’accès à l’éducation.

100 % des droits d’auteur, et pas seulement une partie

L’annonce a été formalisée dès la sortie du morceau, en mai 2026. Dai Dai, chanson officielle de la Coupe du Monde 2026 publiée via Sony Music Latin, est adossée au Fonds mondial de la FIFA et Global Citizen pour l’éducation. La totalité des redevances perçues par Shakira sur ce titre est reversée à ce fonds.

La nuance a son importance. Il ne s’agit pas d’un pourcentage symbolique ni d’un versement forfaitaire décidé une fois pour toutes, mais d’un flux continu : chaque écoute en streaming, chaque diffusion en radio, chaque utilisation du morceau continuera d’alimenter le dispositif aussi longtemps que la chanson tournera. Pour un hymne de Coupe du Monde, dont la durée de vie commerciale se compte en années, l’engagement n’a rien d’anecdotique.

Trois sources de financement empilées

Le mécanisme ne repose pas sur les seuls droits d’auteur. Sony Music s’est engagé à verser une somme équivalente aux 250 000 premiers dollars collectés, ce qui double la mise sur la phase de démarrage, souvent la plus difficile à amorcer pour ce type de fonds.

Shakira a par ailleurs ajouté un troisième levier, indépendant de la chanson : un dollar reversé au même fonds pour chaque billet vendu sur sa tournée Las Mujeres Ya No Lloran. Sur une tournée mondiale à guichets fermés, la somme cumulée dépasse largement ce que rapporteraient les seules redevances d’un single, même à succès planétaire.

Un spectacle de mi-temps entièrement adossé à une cause

C’est peut-être là que réside la vraie nouveauté. La FIFA n’avait jamais organisé de spectacle de mi-temps lors d’une finale de Coupe du Monde. Pour cette première, l’instance a confié la mise en scène à Chris Martin, le chanteur de Coldplay, et réuni une affiche inhabituelle : Madonna, Justin Bieber, BTS, Burna Boy, le chef d’orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel, la chorale d’enfants PS22 et Coldplay, avec des apparitions de Ronaldo et Ronaldinho, et même des personnages de Sesame Street.

Le show a duré environ onze minutes, portant la pause à vingt-sept minutes au lieu du quart d’heure réglementaire. En parallèle, une retransmission géante rassemblait environ 50 000 personnes sur la Great Lawn de Central Park. L’ensemble était officiellement placé au bénéfice du fonds pour l’éducation — soit le plus grand dispositif de communication du sport mondial mis au service d’un objectif de collecte.

Sur la pelouse, Shakira et Burna Boy étaient accompagnés des Ghetto Kids, le collectif d’enfants danseurs ougandais déjà présent dans le clip du titre. Le match, lui, s’est conclu par une victoire espagnole 1-0 après prolongation, sur un but de Ferran Torres.

Un engagement qui a précédé la célébrité mondiale

L’implication de Shakira sur ce terrain n’est pas née avec le Mondial. En 1997, à vingt ans, alors qu’elle n’est encore connue qu’en Amérique latine, elle fonde la fondation Pies Descalzos, du nom de son troisième album, pour scolariser les enfants colombiens déplacés par le conflit armé.

L’organisation a depuis financé la construction d’écoles dans plusieurs régions durement touchées du pays, notamment à Quibdó, à Altos de Cazucá et à Barranquilla, sa ville natale. Ambassadrice itinérante de l’UNICEF depuis 2003, la chanteuse a expliqué au moment de la sortie de Dai Dai que sa vie professionnelle s’était partagée entre deux activités — écrire des chansons et construire des écoles — et que ce Mondial était la première occasion de faire converger les deux.

Quatre Coupes du Monde en vingt ans

Dai Dai marque la quatrième fois que Shakira associe sa musique à un Mondial. Après une première apparition lors de la cérémonie de clôture de 2006 à Berlin, elle devient en 2010 la voix officielle du tournoi sud-africain avec Waka Waka (This Time for Africa), titre construit à partir de Zangalewa, morceau popularisé par le groupe camerounais Golden Sounds, et qui reste à ce jour l’hymne de Coupe du Monde le plus vendu de l’histoire. En 2014, elle chante La La La lors de la cérémonie de clôture au Maracanã de Rio.

Seize ans après Waka Waka, le retour se fait donc sur un mode différent : la même exposition planétaire, mais une destination des revenus explicitement fléchée.

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